Détroit et Bertrand Cantat

Avant le concert, d’abord les questions : Cantat sans Noir Désir, est-ce toujours Cantat ? Détroit peut-il jouer du Noir Dez’ ou Détroit ne peut-il faire que du Détroit ?

Après deux heures de concert les réponses sont sans appel : oui, Cantat est bien resté Cantat et Détroit sait jouer Noir Désir, mais aussi Détroit joue du Détroit. Et le fait merveilleusement bien.

Une chose est sûre, ceux-là prennent un plaisir fou sur scène et la communion avec le public vous prend aux tripes.

Le public, en constatant que le zénith toulousain n’était pas plein à craquer (contrairement à ce que l’on aurait imaginé), on le croyait boudeur, peut-être sceptique. Ou alors peut-être que certains, ne parvenant point à faire la part des choses entre déboires privés de Bertrand Cantat et l’homme sur scène, ont préféré lui tourner le dos ? Toujours est-il que ce public, certes moins nombreux que prévu, s’est laissé invité au voyage Détroit, et le voyage fut passionnel.

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Car Détroit, c’est d’abord du Détroit. Une entrée en matière avec les titres du premier album Horizons, interprétés avec tant d’intensité, de force, qu’ils vous en tireraient les larmes aux yeux. Ma Muse, Horizons, Le Creux de Ta Main, alternant avec quelques vieux souvenirs : Lazy, A Ton Étoile

Le public, bien sage lorsque sera jouée Sa Majesté, verra son enthousiasme monter, monter, monter. Car alors que « sa Majesté domine bien son sujet », la petite bête monte, monte, monte. Monte alors l’émotion quand Détroit enchaîne sur un jour en France. Mickey a gagné, les fascisants sont désormais autour des 25 %, et Détroit déroule Comme Elle Vient, repris en chœur par toute la salle.

Détroit joue du Noir Dez’, mais à sa manière, et même si Noir Dez’ n’est plus, cette manière nous fait incroyablement du bien.

Il ne manquera plus qu’à exploser sur Tostaky, avec le cœur qui s’emballe, avant de se recentrer sur Le Vent l’Emportera. Difficile après de laisser partir le groupe, que l’on a envie de rappeler sans cesse pour « une autre », une dernière.

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Alors oui, Cantat reste Cantat, et même si depuis le dernier album de Noir Désir il semble avoir été au centre d’un ouragan destructeur, le revoir sur scène nous fait sacrément plaisir. Bertrand vit ses paroles, les emplit d’émotions, d’un flot de sentiments.
* Noir Désir n’est plus, Détroit ne nous le fera pas oublier, mais Détroit nous a enchanté.